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Fresque, femmes regardant à gauche
Vendredi 29 janvier 20h30

Chorégraphie : Paco Dècina

Paco Dècina, ou la sensation d’un massage oculaire.

Paco Dècina, ou la sensation d’un massage oculaire
Quelle respiration ! Quel soulagement de se glisser dans les gestes doux, tranquilles, du spectacle Fresque, femmes regardant à gauche, signé par le chorégraphe Paco Dècina (...) cette pièce pour sept interprètes se dépose lentement sur le plateau avec la régularité du sable dans le sablier. La sensation d’un massage oculaire et physique, très rare dans le contexte actuel, détonne franchement et fait du bien.
Le regard pourtant n’arrête pas de voltiger. Avec ses danseurs distribués depuis le fond du plateau jusqu’aux pieds du public, la scène ressemble à un feuilleté dont on explore l’épaisseur en surfant entre les corps. Chaque mouvement d’un danseur se fait l’écho différé du geste d’un autre, déployant un prisme sans cesse mouvant. Les lignes des bras se superposent avec celles des jambes dans des accords visuels surprenants.
(...) Contrastes marqués entre les tableaux, vitesses nouvelles, énergie hiphop, acrobaties dressées dans le sol... injectent une vivacité différente à ce rêve éveillé qui fait la touche Paco Dècina.
Extrait - Le Monde - Rosita Boisseau

A propos de Fresque

Trouver un titre, mettre des mots sur un désir, c’est, pour Paco Dècina, la première étape de la création à venir, la première pierre, d’un édifice à construire. Fresque, femmes regardant à gauche est le beau titre de sa prochaine création. C’est en feuilletant un livre que cette fresque du musée archéologique de Naples lui a fait redécouvrir ces corps de femmes surgis des cendres d’Herculanum, qu’il avait sans doute vus lorsqu’il était enfant à Naples.

L’Italie, la peinture, des corps dans un espace, le mystère de ces regards tournés vers un au-delà du cadre, vers le monde d’aujourd’hui peut-être ( ?), tout cela a donné au chorégraphe l’impulsion qu’il attendait pour entrer dans le concret de la chorégraphie.
Depuis plus de 20 ans, son sujet ce sont des corps dans un espace, sa recherche, comprendre comment ces corps se laissent traverser par le mouvement pour laisser surgir l’invisible, leur mémoire intime mais aussi la mémoire de ces corps dans le monde. Pour mettre en pleine lumière cette mémoire, il a peu à peu débarrassé le plateau des décors inutiles, allant vers une épure de la danse, faisant de ses danseurs des sculptures en mouvement.
Aux corps des femmes d’Herculanum, répondront sur le plateau, ceux de 7 danseurs mais aussi des images qui raconteront la présence de l’homme d’aujourd’hui par les traces qu’il laisse derrière lui.
Le spectacle sera donné dans la salle de la Galerie, celle de toutes les aventures, pour une longue série de représentations, un nouveau pari pour fêter les 22 ans de la compagnie. Françoise du Chaxel

Révéler le subtil et l’invisible

Dans cette fresque chorégraphique l’attention est portée sur la densité de l’espace et sur le vide autour des corps, des formes et des matières afin de nous révéler le subtil et l’invisible qui, reliés aux fréquences et aux différents plans d’existence et de conscience de l’être humain, façonnent la matière qui nous incarne. Ici, le subtil et l’invisible n’ont aucune connotation mystique ou religieuse, mais plutôt scientifique et ondulatoire.
Fresque c’est la peinture vivante d’un temps qui change, qui s’accélère, qui laisse de moins en moins de temps au temps et qui demande de plus en plus de vigilance.
Dans cette peinture, ces femmes regardant vers la gauche nous incitent, par la direction et la tension de leur regard, à contempler l’absence de l’objet observé pour pouvoir ainsi le reconstituer, le reconnaître, le soigner et le guérir.
Dans Fresque l’espace – temps de l’éveil se rapproche de celui du rêve. Et comme dans tout rêve, le monde qui semblait être objectif devient subitement le reflet de nos pensées, la résonance de nos désirs et nous rend ainsi immédiatement responsable de son souffle.
En se tournant vers la gauche, vertigineusement à cette nouvelle vitesse ces femmes, ressorties des cendres, silencieusement semblent nous inviter au réveil pour métamorphoser nos rêves en rêves lucides.
Paco Décina

La presse en parle...

LE MONDE | 04.02.09 - Rosita Boisseau
Paco Dècina, ou la sensation d’un massage oculaire
Quelle respiration ! Quel soulagement de se glisser dans les gestes doux, tranquilles, du spectacle Fresque, femmes regardant à gauche, signé par le chorégraphe Paco Dècina. A l’affiche depuis le 19 janvier au Théâtre de la Cité internationale, à Paris, cette pièce pour sept interprètes se dépose lentement sur le plateau avec la régularité du sable dans le sablier. La sensation d’un massage oculaire et physique, très rare dans le contexte actuel, détonne franchement et fait du bien.
Le regard pourtant n’arrête pas de voltiger. Avec ses danseurs distribués depuis le fond du plateau jusqu’aux pieds du public, la scène ressemble à un feuilleté dont on explore l’épaisseur en surfant entre les corps. Chaque mouvement d’un danseur se fait l’écho différé du geste d’un autre, déployant un prisme sans cesse mouvant. Les lignes des bras se superposent avec celles des jambes dans des accords visuels surprenants.
UN QUATUOR TORSE NU
La tendance picturale et sculpturale du travail de Paco Dècina prend ici un ton plus fort qu’à l’habitude. Les textures se multiplient. Plus de chair, de muscles miroitants dans les lumières argentées conçues par Laurent Schneegans. Plus de formes, aussi épurées soient-elles, qui gonflent et dégonflent dans la pénombre. Les danseurs s’agglutinent parfois pour composer des statues le temps d’un souffle profond.
Sans doute le casting - quatre jeunes danseurs au physique puissant et trois femmes plus petites - a donné des envies à Paco Dècina. Il n’a pas voulu résister par exemple à un quatuor masculin torse nu, en slip beige et genouillères noires, qui joue la carte du cliché érotique viril et musclé. Les princes charmants d’hier se sont dévêtus pour laisser la place à des lutteurs.
La question de la beauté, qui a déserté la plupart des spectacles, surgit ici sans relâche. L’harmonie, la justesse de chacun par rapport à lui-même et au groupe, l’invention gestuelle toujours finement renouvelée de Paco Dècina depuis plus de vingt ans de travail, concourent à cette sensation. Jusqu’aux effets vidéo interactifs à la mode dont il tire des images en noir et blanc intemporelles.
Fresque, femmes regardant à gauche est inspirée par une image du site antique d’Herculanum, près de Naples. Sans être visible sur scène, cette fresque a permis au chorégraphe d’origine napolitaine de renouer avec son passé. Ce coup de jeunesse symbolique, comme le sang neuf de ses jeunes interprètes, lui a donné envie de changements. _ Contrastes marqués entre les tableaux, vitesses nouvelles, énergie hiphop, acrobaties dressées dans le sol... injectent une vivacité différente à ce rêve éveillé qui fait la touche Paco Dècina.

NOUVELOBS.COM | 11.02.2009 - Raphaël de Gubernatis
Fresque, femmes regardant à gauche" de Paco Decina
Comment un spectacle qui pourrait n’être que beau plastiquement atteint-il une plénitude qui lui confère subitement une toute autre dimension qu’esthétique ?
Mystère ? Pas tout à fait. En contemplant "Fresque, femmes regardant à gauche", chorégraphie de Paco Decina, on sent confusément que si la pièce dégage autant de poésie et de sens, c’est qu’elle est le fruit d’une très longue maturation, d’une réflexion cent fois abordée.
En s’inspirant de peintures de la Rome antique, de celles découvertes jadis à Pompéi ou Herculanum, et désormais exposées au Musée de Naples, l’Italien Paco Decina nous fait entrer dans un monde éminemment mystérieux et mélancolique, celui du temps qui fuit et nous échappe, celui d’une éternité qui nous dépasse. En suivant sa belle chorégraphie, en regardant une scénographie et des images projetées aussi élégantes que sobres ( Serge Meyer et Frédérique Chauveaux), en jouissant de lumières remarquables (Laurent Schneegans), en entendant un accompagnement sonore dont la nature discrète mais prégnante aide au mystère (Frédéric Malle), en savourant enfin la façon magnifique dont le chorégraphe appréhende l’espace, on pénètre dans un monde de sensations diffuses qui toutes servent à merveille le propos.
Souvenez-vous de ces visages de personnages figés depuis près de deux mille ans sur ces fresques antiques et paraissant tout à la fois étonnamment proches et désespérément lointains, de ces regards encore pleins de vie et qui sont ceux d’êtres morts depuis deux millénaires, de ces bouffées du passé revenu à la surface dont la survivance nous trouble ; souvenez-vous de ces images saisissantes de Fellini dans "Roma", quand des figures humaines plongées dans le silence et dans l’obscurité depuis des siècles et brusquement exhumées par la brutalité des bulldozers, s’évanouissent aussitôt sous l’effet de l’air frais qui les efface…Tout cela, on en retrouve la trace dans "Fresque, femmes regardant à gauche", qui en dépit de son titre voulu sec comme un cartel de musée, est une pièce d’une intense poésie. _ _ Quand le chorégraphe avoue que cette idée du temps qui fuit, du passé disparu l’obsède depuis vingt ans, on comprend alors parfaitement qu’une aussi longue maturation ait pu donner jour à un ouvrage aussi sensible.

Paco Dècina

Paco est né à Naples, sur les terrasses de Chiaja qui s’inclinent vers le golfe, le Vésuve et Capri. Alors qu’il entreprend des études scientifiques, il découvre la danse avec la rencontre du chorégraphe américain Bob Curtis qui va l’initier aux techniques afro-cubaines. A Rome, il travaille la danse classique avec le chorégraphe Vittorio Biagi et la danse contemporaine par les techniques américaines. Très vite il est engagé dans d’autres compagnies puis il se rend à Paris et c’est le début d’une autre vie.

Paco Dècina et la compagnie
Paco Dècina s’installe à Paris en 1984 où il fonde sa compagnie de danse, la compagnie Post-Retroguardia en 1986. En 1987, il reçoit le prix chorégraphique de la Ménagerie de Verre avec Tempi Morti, et l’année suivante, le grand public le découvre avec Circumvesuviana. Suivent une trentaine de créations parmi lesquelles Scilla e Cariddi en 1990, Ciro Esposito fu Vincenzo en 1993, méditation poétique sur la mort, Fessure en 1994, Mare Rubato en 1996 et Infini, solo en hommage à Christian Ferry-Tschaeglé en 1997.
En 1998, Paco Dècina travaille un nouveau solo, Lettre au Silence, qui s’offre comme une traversée visible du temps, une sorte d’écriture de l’apesanteur. Neti-Neti (Ni ceci, Ni cela), duo créé en 2000 pour deux danseurs, est conçu comme une ouverture aux paysages silencieux de l’être. La recherche sur l’épure du mouvement prévaut dans ces deux pièces qui seront présentées à Paris au Théâtre de la Ville et à l’occasion de nombreuses représentations en province et à l’étranger, notamment en Inde, et en Afrique centrale avec le soutien de l’AFAA.
Plus récemment, Paco Dècina a créé un quatuor, Summa Iru (2001) et un solo Non era giorno, non era notte (2002). Soffio, pièce pour 6 interprètes, est créée au Théâtre Paul Eluard de Bezons en janvier 2003 dans le cadre de la dernière année de résidence de la Compagnie en Val-d’Oise. En octobre 2004, il crée Intervalle, deux duos pour les danseurs de sa compagnie et il finalise Cherchant l’Inspiration poétique, pièce pour le Junior Ballet du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.
Dès lors, ces trois pièces tournent en Europe et en Amérique centrale toujours avec le soutien de L’AFAA.
En septembre 2005, Paco Dècina crée à Prague une pièce pour cinq danseurs tchèques et slovaques, intitulée Salto nel vuoto.
Depuis novembre 2005, et pour trois ans, la compagnie est en résidence au Théâtre de la Cité internationale grâce au soutien du Conseil régional d’Ile-de-France. Il entretient avec l’équipe du théâtre un rapport très privilégié.
Il y crée un duo qu’il danse lui-même avec Valeria Apicella, Chevaliers sans armure ; il poursuit son oeuvre avec INDIGO, pièce pour six danseurs sur le thème de la lumière.
Elles sont toutes deux présentées au Théâtre de la Cité internationale à Paris, en mai 2006, puis en février 2007.

Chorégraphie : Paco Dècina
Danseurs : Orin Camus, Vincent Delétang, Chloé Hernandez, Sylvère Lamotte, Noriko Matsuyama, Jesus Sevari, Takashi Ueno
Musique : Fred Malle
avec la complicité de Doti (voix), et LUNIKSPROJECT, Christian Lété (batterie), Luc Rebelles et Fred malle
Lumières : Laurent Schneegans
Scénographie : vidéo et dispositif interactif : Serge Meyer
Images vidéo : Frédérique Chauveaux
Costumes : Cathy Garnier
Apports techniques D2R Centre de ressources pour la vidéo
Production : Catherine Monaldi
Co-Production : La compagnie Paco Dècina, le Théâtre de la Cité internationale, la Maison de la culture de Bourges, le Rive Gauche - Scène conventionnée pour la danse de Saint-Etienne-du-Rouvray, le Théâtre de Chartres, Scène conventionnée pour la danse et le jeune public, avec la complicité de D2R (Centre de ressources pour la scénographie vidéo, www.C22r.org), avec l’aide du ministère de la Culture et de la Communication – DICREAM , du conseil régional de la région Centre, de Micadanses, du CND et d’Arcadi pour l’aide à la diffusion en région ile-de-France.
La Compagnie Paco Dècina bénéficie du soutien du ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Ile-de-France au titre de l’aide aux compagnies conventionnée et de Culturesfrance pour les tournées à l’étranger. La compagnie est en résidence au Théâtre de la Cité internationale avec le soutien du Conseil régional d’Ile-de-France et de la ville de Paris.